Franck Kita apprécie les hôtels et restaurants parisiens. Ces derniers jours, le directeur général délégué du FC Nantes multiplie les rendez-vous dans la capitale pour faire face à un double agenda : le processus de vente et le mercato. Le calendrier de la cession du club est désormais plus clair. Comme indiqué dans nos colonnes la semaine dernière, un accord global avec un fonds d'investissement anglais dirigé par Benjamin Leigh Hunt autour d'une vente à 80 M€ a été trouvé. Pour valider ce processus, le passage, indispensable, devant la DNCG, a été fixé à mardi prochain. Mais cette période de transition va laisser des traces.
Car pendant ce temps, les chantiers s'accumulent. La question brûlante de l'entraîneur n'a pas été tranchée. Dans les deux camps, ces dernières heures, on se refilait encore la patate chaude de qui limogerait Vahid Halilhodzic et lui verserait ses indemnités. Pendant ce temps-là, Sabri Lamouchi, désigné par le fonds d'investissement comme le futur entraîneur, patiente.
Dans le camp anglais, on repousse pour l'instant toute forme de communication publique en attendant, explique-t-on en privé, le futur passage devant l'instance de contrôle de gestion. Ce qui ajoute à l'impression de flou et offre aux propriétaires actuels toute latitude en matière de recrutement : «Les Anglais vont acheter une maison, très chère, et il y aura déjà tous les meubles dedans», glisse malicieusement un acteur du dossier.
La stratégie de recrutement pilotée par l'agent Mogi Bayat
Ces dernières semaines, la famille Kita, qui a négocié son intégration à la future gouvernance (Waldemar conservera ainsi son siège au conseil d'administration de la Ligue), a donné la quasi-intégralité du pouvoir décisionnaire en matière de recrutement à Mogi Bayat.
Déjà présent aux côtés des Kita depuis plusieurs mercatos - à l'origine des arrivées de Gillet, Kayembe, Mbodji, El Ghanassy et Coulibaly...- l'agent franco-iranien, personnage central du « Footbelgate », une affaire de fraudes présumées dans le football belge (*), peut être perçu aujourd'hui comme le directeur sportif officieux du FC Nantes. «Il vous appelle comme s'il était en charge de la politique de recrutement du club», s'étonne un intermédiaire étranger qui a échangé avec Bayat récemment. Tous les dossiers, initié (le milieu Adrien Trebel), finalisé (le latéral Dennis Appiah) ou négocié (l'ancien Messin Opa Nguette) l'ont été par l'agent. «C'est lui qui négocie les contrats», poursuit-on dans l'entourage du club. Le nom de l'attaquant du Spartak Moscou Sofiane Hanni, ex-Nantais passé par Anderlecht et le réseau Bayat, a été soufflé également. Mogi Bayat est donc un élément clé de cette période de transition. Où d'autres personnages inattendus resurgissent. Comme Gilles Favard, ex-conseiller sportif (2009-2011)...
Une vente pas encore finalisée, un agent autodésigné directeur sportif, des recrues pas toujours validées en interne, un coach sur le départ, un autre en attente, ainsi va le drôle de quotidien du FC Nantes en ce printemps 2019...
(*) L'enquête belge est toujours en cours. Bayat a passé un mois en fin d'année 2018 dans la prison de Louvain, avant d'être libéré sous caution.